Кањон Матка

Deuxième réveil à Skopje, capitale de la Macédoine-du-Nord. Pour la deuxième fois dans ma vie, j'ai pris un tour tout prêt sur Get Your Guide. Pour quelques 40 $, on viendra me chercher en char pour une croisière sur le canyon de Matka, une visite de l'église de St-Panteleimon et un tour de téléphérique au sommet du mont Vodno pour voir la Millenium Cross. Bonjour la simplicité, j'aurais jamais pu faire tout ça en une journée en transport en commun. Au lieu de rendez-vous, je rejoins deux allemands avec qui je me lie d'amitié, et un couple d'italiens qui n'ont jamais parlé de toute la journée. On avait le déjeuner compris, pis toute, mais c'était pas le brunch du dimanche mettons. C'était un genre de rouleau de pâte de burek... garni de pâte de burek. Au moins 250 g de pâte pis d'huile. Comme je suis la seule personne en solo du groupe, j'ai la place du co-pilote. Le guide, Petar, me trouvait soit tannante, soit fun, car c'était question par dessus question à propos du tremblement de terre, de la politique, de la culture. J'ai exigé une playlist typiquement macédonienne et un debrief à propos des partis représentés aux élections en cours qu'on voyait sur les pancartes. 

Кањон Матка

Après avoir longé la rivière Treska avec la petite Volkswagen poussiéreuse de Petar, on se stationne près de l'entrée du site, là où on peut voir le barrage de Matka. De l'autre côté du barrage s'est créé le lac artificiel Matka. Ce réservoir a été construit pour produire de l'hydroélectricité et réguler le débit de la rivière Treska, qui était autrefois beaucoup plus rapide et incontrôlable selon les saisons. C'est sur ce lac allongé (qui ressemble plus à une rivière à mon avis) qu'a circulé notre petite barque. L'eau est tantôt bleue foncée, tantôt turquoise, et même verte. En novembre, hors saison, la température est bonne, mais la végétation n'est pas à son apogée, ça manque un peu de feuilles. 

Tout le groupe descend sur un mini quai, on escalade des marches de roches glissantes et on entre dans un tout petit trou qui se révèle être l'un des sites les plus mystérieux de tout le canyon, accessible uniquement avec la petite barque. C'est la grotte de Vrelo. Une partie de sa géographie demeure encore non cartographiée en 2025. On y voit des stalactites, des stalagmites, des lacs souterrains et certains passages qui disparaissent sous l'eau. Bien que la profondeur exacte de la grotte soit inconnue, on pense qu'elle est parmi les grottes inondées plus profondes d'Europe, sinon du monde entier. J'ai peut-être vu ça sans le savoir ! À ce moment, le record se trouve en Tchéquie, dont l'abysse Hranice est submergé de plus de 450 m (cratographiée par un robot, mais les humains ne s'y sont rendus qu'à 265 m). En octobre 2025, donc un peu avant ma visite, des explorateurs ont découvert Vrelo jusqu'à 287 m, mais le reste demeure toujours inexploré. Impressionnant ! 

Moi devant le lac Matka, dans le canyon du même nom. Une photo de moi que j'adore dans l'automne balkanique.

Promenade sous les rochers.

Le Matka Dam, un barrage bien moins impressionnant que celui de la Grande Dixence en Suisse, mais qui fait tout de même effet.

Réflexion du canyon.

Du monde à bord.

Notre jolie petite barque à l'entrée de la grotte de Vrelo. 

Le gros stalagmite en forme de cocotte de pin. Une affaire vieille comme le monde.

Црква „Св. Пантелејмон“

On reprend la route en direction de Gorno Nerezi, un village situé tout au bas des pentes du mont Vodno. Le village est un arrêt connu pour admirer l'église de St-Panteleimon et sa vue sur la ville de Skopje. La petite église orthodoxe byzantine date de 1164 et ses fresques sont franchement bien entretenues pour l'époque, ayant été fidèlement restaurée en 1963. Elles figurent même sur le billet de 50 denars. Petar nous a jeté entre les mains d'un guide local sur place qui voulait juste se faire 100 MK (environ 3 $) par tête pour nous donner le droit d'entrer dans le cœur de l'église et nous dire 2-3 phrases en moins d'une minute sur les fresques. On n'a rien compris. Je pense que, de mémoire, je n'avais jamais vu d'églises de cette architecture avant ce voyage. Elles sont surtout répandues dans les pays ayant fait partie autrefois de l'Empire byzantin comme la Grèce, la Turquie, la Bulgarie et la Macédoine-du-Nord d'aujourd'hui. Donc, un premier contact pour moi envers ce pan d'histoire et de culture du monde. 

L'église orthodoxe byzantine St-Panteleimon.

Détails à l'extérieur.

Détails à l'intérieur.

On dirait que le Saint représenté sur cette fresque fait un doigt d'honneur nonchalant à qui que ce soit.

Ici, on assiste à l'invitation à la bagarre entre deux Saints qui se montrent les poings. 

Joli paysage automnal sur Gorno Nerezi.

Милениумски крст

La Croix du Millénaire est monumentale et présente la forme traditionnelle d'une croix chrétienne, sans ajouts ni éléments. On la voit de partout depuis la capitale et elle est illuminée de milles lumières dans la nuit. Inaugurée en 2002 pour souligner 2000 ans de christianisme, elle culmine à 66 mètres de haut et ceci en fait la dixième croix la plus haute au monde, en plus d'avoir été construite à plus de 1000 mètres d'altitude au sommet du mont Vodno. Autrefois, il y avait une petite croix à cet endroit bien connu depuis l'Empire ottoman sous le nom de Krstovar, qui signifie le lieu de la croix. Voilà un lieu tout indiqué pour ériger un tel monument. On y accède directement au moyen d'un téléphérique depuis 2011. Un restaurant dans la base de la croix sert de la bière, des chips et des popsicles à de grandes files de touristes qui ne profitent pas de l'environnement en attendant leur Mr Freeze. 

La Croix du Millénaire, dans toute sa simplicité.

Sa base est composée de 12 piliers massifs, pour rappeler les 12 apôtres.

Телекомуникациска кула на Водно

Je n'aurais pas trop été impressionnée par mon temps sur ce sommet si ce n'était d'une autre curiosité sur place : la tour de télécommunication de Skopje. Une grande structure futuriste de 155 mètres faite de tonnes de béton et des plateformes métalliques qui servira à diffuser la radio et la télévision et améliorer les infrastructures générales de communication du pays. Sa construction a débuté en 2013 et s'est terminée en 2025, mais toujours rien n'est fonctionnel. En ce moment, c'est une construsction tout simplement vide. Un restaurant tournant est prévu au sommet, entre autres. Une tour d'une telle ampleur et qui ne rempli aucune de ses fonctions, au sommet d'une montagne, j'ai jamais vu ça. Mais elle est la première d'une série de curieux monstres de béton que j'ai prévu de découvrir sur mon itinéraire dans les semaines qui suivront.

La tour de télécommunication futuristique au sommet du mont Vodno.

Depuis le sommet du mont Vodno, on peut voir la capitale d'un côté, puis la chaîne de montagnes Jakupica de l'autre.

Installations au sommet.


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